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Pirlouit garde les enceintes

Un changement de conditions d’utilisation a remis en cause une installation audio qui fonctionnait. Pour retrouver l’usage de mon matériel, acheté plusieurs centaines d’euros moins de trois ans auparavant, j’ai dû construire une solution maison. Elle s’appelle Pirlouit.

Publié le 11 octobre 2026 · 5 min de lecture

Le lecteur Pirlouit pilote les enceintes conservées, avec l’ancien amplificateur rangé sur l’étagère inférieure.

Au départ, je pouvais lancer de la musique sur la chaîne Grundig du salon depuis Home Assistant, avec SpotifyPlus. L’installation répondait à mon besoin et je n’avais aucune raison de la remplacer.

Puis Spotify a changé ses conditions d’utilisation. Je devais désormais ouvrir l’application officielle pour lancer la lecture avant de reprendre la main depuis Home Assistant. Une automatisation qui attend que je sorte mon téléphone perd une bonne partie de son intérêt.

La chaîne avait moins de trois ans et m’avait coûté plusieurs centaines d’euros. Elle pouvait encore produire du son, mais l’usage connecté que j’en avais était devenu dépendant d’une intervention manuelle. Je me retrouvais avec un investissement rendu artificiellement obsolète pour cet usage, sans panne matérielle pour l’expliquer.

J’ai donc dû développer une solution maison pour retrouver cette autonomie. Je voulais aussi faire passer par les mêmes enceintes les annonces de la maison, qu’il s’agisse d’un rappel programmé ou d’un message vocal.

Ma première tentative a consisté à conserver l’ensemble de la chaîne et à lui apporter une nouvelle source audio.

Ajouter un lecteur à ce qui existe déjà

Un Raspberry Pi a pris place sur l’entrée auxiliaire, relié en RCA. Music Assistant organisait la lecture, tandis que Sendspin faisait fonctionner le Raspberry comme lecteur réseau.

Cette première étape a demandé des vérifications assez concrètes. La sortie audio devait être correctement sélectionnée et le signal devait réellement parvenir à l’amplificateur. Un problème de câble RCA a fait partie des difficultés rencontrées. Les journaux logiciels pouvaient indiquer une lecture en cours sans rien dire de ce qui se passait dans ce câble.

Une fois la musique obtenue, il restait à piloter l’amplificateur et sa source. L’intégration Frontier Silicon donnait un moyen de le faire depuis Home Assistant. L’ensemble semblait alors pouvoir répondre aux deux usages prévus.

Une annonce peut se terminer dans le silence

Les essais après une longue veille ont montré une différence gênante. La musique pouvait fonctionner, mais certaines annonces restaient silencieuses si l’amplificateur ne s’était pas réveillé à temps.

Du côté du lecteur, la lecture était bien lancée. Le problème se situait dans la disponibilité réelle de l’équipement qui devait produire le son. La commande de réveil ne donnait pas une garantie suffisante sur cet état.

J’ai essayé d’anticiper le réveil avant les annonces, avec des délais de plusieurs minutes. Cela permettait de contourner certaines situations, mais ajoutait de la coordination autour d’un comportement encore intermittent.

Pour un rappel programmé, cette incertitude est particulièrement visible. Le message a un sens à un instant donné. Savoir après coup que le fichier a été lu quelque part dans la chaîne logicielle apporte peu de réconfort à celui qui ne l’a pas entendu.

Reprendre le choix matériel

J’ai finalement changé l’organisation. Le Raspberry a été associé à un amplificateur InnoMaker pour piloter directement les enceintes conservées. La lecture musicale a fonctionné avec cette nouvelle sortie, et le lecteur autonome a reçu son nom : Pirlouit.

Ce changement retirait la dépendance au réveil de l’ancienne chaîne. Il permettait aussi de simplifier les scripts d’annonces en supprimant les commandes et anticipations devenues inutiles.

Le projet gardait une bonne partie de ce qui avait déjà été appris et configuré. Il abandonnait surtout un passage qui concentrait les difficultés. L’expérience acquise sur le premier montage avait servi à identifier cet endroit avec davantage de précision.

Les annonces ont également été regroupées autour d’une cible et d’un moteur communs. Cette organisation facilite les évolutions suivantes, sans avoir à retrouver le même réglage dispersé dans chaque automatisation.

Faire une place au lecteur dans le salon

Pirlouit a ensuite eu besoin d’une interface et d’un boîtier. Ces éléments ramènent le projet dans un environnement très matériel : un écran, des commandes accessibles et un objet qui doit trouver sa place dans la pièce.

Le tableau de bord a été recentré sur Music Assistant. Les tâches domestiques ont rejoint la Borne Frigo, où elles trouvaient une place plus cohérente avec les autres informations du foyer. Le lecteur du salon pouvait ainsi garder un rôle clair.

L’impression du boîtier a, elle aussi, apporté ses essais. Plusieurs impressions ont échoué, puis une version a abouti avec les réglages de base du trancheur. L’état de surface au contact des supports restait à améliorer. Même lorsque la partie logicielle avance, il reste encore du travail pour obtenir un objet satisfaisant à utiliser et à regarder.

Vérifier au bout des enceintes

Ce projet m’a fait travailler sur plusieurs domaines à la fois : lecture réseau, Linux, automatisations, audio et fabrication du boîtier. À chaque étape, je pouvais vérifier un morceau du fonctionnement sans avoir encore obtenu le résultat complet.

Le critère final reste facile à formuler : la musique doit s’entendre et l’annonce doit arriver au moment prévu, avec un comportement cohérent autour de la lecture en cours. C’est au bout des enceintes que ce résultat se vérifie.

Les enceintes ont poursuivi leur carrière, avec une nouvelle électronique et une interface adaptée aux usages du salon. Pirlouit peut désormais évoluer à partir de cette base.