Le Raspberry Pi a fini par lâcher.
Sur le moment, il fallait surtout remettre Home Assistant en route. Mais cette panne marquait aussi une étape : les essais s’étaient accumulés, certains étaient devenus des habitudes, et je tenais à retrouver l’installation telle qu’elle fonctionnait auparavant.
J’avais heureusement une sauvegarde. Elle allait rejoindre un serveur Proxmox qui hébergeait déjà plusieurs services de la maison. Le petit ordinateur sur lequel j’avais commencé disparaissait de l’équation, mais ce que j’y avais construit pouvait continuer à vivre.
Des usages qui arrivent les uns après les autres
Mon installation domotique s’est construite progressivement, autour de besoins assez ordinaires. Un réveil pour les jours travaillés. La commande de la ventilation. Une télécommande Zigbee pour la télévision. Des annonces météo, puis un minuteur vocal pour rythmer les périodes de concentration.
Pris séparément, aucun de ces usages ne justifie un grand discours sur la maison du futur. Ensemble, ils commencent à former un environnement auquel on s’habitue. On reconnaît le rappel, on utilise le bouton, on attend que l’action prévue se produise.
Mon métier d’automaticien me donnait des repères pour imaginer ces enchaînements. Il me restait à découvrir les particularités des équipements domestiques, leurs intégrations et les moyens de les faire communiquer. Les volets, par exemple, m’ont amené vers ESPHome et les ESP32. D’autres appareils sont entrés dans l’installation par Zigbee.
Chaque ajout ouvrait une possibilité, avec sa part de réglages. À mesure que l’ensemble grandissait, j’ai aussi commencé à regarder ce qu’il faudrait comprendre pour le remettre en état en cas de panne.
Changer de machine sans repartir de zéro
Le passage à Proxmox a donné un contenu très concret à cette question. Il fallait créer la machine virtuelle, y restaurer Home Assistant et lui rendre l’accès aux équipements qui dépendaient du Raspberry Pi.
Le coordinateur Zigbee faisait partie de ces éléments. Une fois son accès USB transmis à la machine virtuelle, l’intégration a retrouvé son fonctionnement sans que je doive reprendre toute sa configuration. Une restauration qui permet de conserver ce travail change sensiblement la manière de vivre une panne.
Tout n’a pas suivi aussi simplement. Après la migration, j’ai notamment rencontré des difficultés pour joindre certains ESP32 et leur envoyer des mises à jour. La compilation pouvait réussir tandis que le transfert échouait. Le logiciel était prêt ; le chemin jusqu’à l’équipement, lui, demandait encore des vérifications.
La migration m’a ainsi obligé à regarder au-delà de l’interface de Home Assistant. Le réseau, les périphériques USB et les noms utilisés pour joindre les appareils faisaient pleinement partie du fonctionnement de la maison.
Faire évoluer en gardant un point de retour
Une autre leçon est arrivée avec les mises à jour. Plusieurs composants avaient évolué dans la même période, puis l’installation était devenue instable. Revenir à une sauvegarde antérieure semblait rétablir le fonctionnement, mais il restait difficile d’attribuer le problème à un changement précis.
J’ai alors décidé de procéder plus progressivement : une mise à jour, un temps d’observation, puis la suivante. Le principe est familier en dépannage. À la maison aussi, modifier plusieurs choses à la fois peut transformer une petite anomalie en enquête à tiroirs.
Les intégrations ajoutées pour un essai méritaient également d’être revues. Certaines n’étaient plus utilisées. Les conserver ajoutait des éléments à surveiller sans apporter de service en retour.
Une installation dont on attend quelque chose
Avec le temps, mon intérêt s’est déplacé vers la place de ces automatismes dans le quotidien. Une fonction peut être amusante à mettre au point et finalement peu utilisée. Une autre, beaucoup plus discrète, devient un petit appui régulier.
C’est cette seconde catégorie que j’ai envie de développer. Une commande compréhensible, un rappel au bon moment, une information disponible sans devoir la chercher : ces usages donnent un sens à l’installation et orientent les choix suivants.
Aujourd’hui, Home Assistant accueille aussi un projet plus ambitieux autour de l’organisation du foyer. Les tâches, les courses et les réserves y trouvent progressivement leur place. Le chemin partait d’un Raspberry Pi ; il m’amène désormais à me demander ce que la maison peut nous éviter de garder en tête.